La Présidence Macron à l’épreuve du temps démocratique

La Présidence Macron à l’épreuve du temps démocratique

Avec Jean Daniel Lévy
Directeur du Département Politique & Opinion chez Harris Interactive

de 18h30 à 20h30

3 Rue Récamier

75007 Paris

Les premiers dix-huit mois de la présidence du président Macron ont été marqués par une volonté de faire rapidement des réformes qui changent le paysage économique, social et politique de la France. Faire révolution selon les termes de son livre programme. Loi travail, réformes fiscales, du logement, de l’éducation, de la formation professionnelle, et bientôt de la protection sociale, sans oublier une réforme constitutionnelle. Pour aller plus vite, le choix des ordonnances a été souvent privilégié. Mais le débat démocratique en a été largement réduit. Les résultats économiques supposés en résulter tardant, en termes de chômage et de pouvoir d’achat, dès l’été, les doutes sont apparus sur la légitimité de ces réformes. Le président Macron a perdu alors une part de ses soutiens. La crise récente des « gilets jaunes » peut être vue comme la manifestation violente, inédite certes, mais compréhensible d’un rejet des objectifs poursuivis par sa politique, notamment par les taxations.
Elu dans des conditions jugées exceptionnelles, sur un contrat peu clair et non majoritaire, il se trouve ainsi désavoué dans un climat politique devenu lui aussi exceptionnel.
Pour les français, il n’est peut-être pas envisageable de tuer les valeurs et les espérances nées de la Révolution française, pas plus que celles issues du Conseil National de la Résistance : l’égalité des conditions reste un principe essentiel, la solidarité un moyen de l’assurer.
De plus, le temps démocratique est en cause. L’élection du président est devenue le moment essentiel à partir duquel une politique est mise en action. Mais il semble de moins en mois accepté que cette mise en pratique se fasse sans la participation des citoyens tout au long du mandat. La demande « d’ horizontalité », ou de démocratie participative, est manifeste depuis plusieurs élections.
Enfin sur la scène européenne, le président Macron a certainement mis en valeur une image de la France européenne largement partagée. Mais elle ne peut se maintenir qu’avec l’espérance d’une réelle prospérité et d’une solidarité à vivre : on s’en est éloigné. De plus, l’Union Européenne n’est pas considérée comme démocratique, ou servant la démocratie : elle est perçue comme technocratique, loin des peuples.
Comment l’opinion française évolue-t-elle dans ces circonstances, en particulier à l‘approche de nouvelles échéances électorales? C’est ce que Jean Daniel Lévy, politologue, nous expliquera. Face à des demandes qui se révèlent plus que jamais urgentes, que peut faire la présidence Macron dans ce temps démocratique nouveau? Ce sera l’objet de notre débat.

 

Jean-Daniel Lévy s’est spécialisé dans l’analyse électorale, l’identification des enjeux, logiques et dynamiques d’opinion ainsi que dans la compréhension des zones de force ou de faiblesse des acteurs prenant la parole dans l’espace public. Il est aujourd’hui Directeur du Département Politique & Opinion chez Harris Interactive.
Jean-Daniel Lévy intervient régulièrement dans les médias en tant qu’analyste des résultats de sondages d’opinion publiés et des comportements électoraux.

Author: Bernard WOLFER

Président du Cercle Condorcet de Paris